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Le sujet : " l'alternatif pour sauver le ski "

 
Bonjour, je souhaiterais avoir votre avis sur cette proposition de relancer le ski alternatif comme moyen d'adaptation des stations nordiques. (Cette proposition a été faite à Nordic-France, dans le cadre de leur définition de "stratégie et de nouveaux modèles socio-économiques pour le Nordique en France", à laquelle vous pouvez contribuer).
Le bon enneigement de cette saison, et le boom de fréquentation dû au confinement, ne doivent pas nous faire oublier les deux tendances négatives : forte baisse de l'enneigement moyen et augmentation de sa variabilité (limite pluie-neige qui fait du yoyo), et baisse de la fréquentation (deux fois moins depuis le pic des années 80s, même si un public jeune et sportif commence à prendre le relai).
Je pense que l'alternatif demande beaucoup moins de neige et de moyen (traces faites au scooter comme dans les années 70-80), permettrait de pallier la variabilité des conditions d'enneigement et d'alléger les contraintes budgétaires qui pèsent de plus en plus sur les stations.
C'est aussi une technique beaucoup plus accessible en mode 'découverte', pour des gens non sportifs qui veulent juste se balader (au contraire du skating qui exige un minimum physique).
Pour cela il faut changer l'image 'vieillot' de l'alternatif, et proposer de bonnes traces (l'exemple d'un itinéraire dédiée à la Féclaz est excellent, peut être à creuser?).
Bien cdlt, gilles

gillou38 le 07/02/21

 
Oui c'est bien joli l'alternatif
C'est aussi la seule technique envisageable pour traverser à ski les pôles ou la Laponie ou la baie d'Hudson en hiver.
Par contre, en compétition, c'est souvent galère. 2 fois plus de temps pour préparer les skis
En plus on se trompe 1 fois sur 3.
Quand on voit aussi que les meilleur(e)s sont ceux et celles qui font toute la course en double poussée on se dit qu'il vaut mieux investir dans des équipements de musculation plutôt que dans des cours de ski de fonds.
Moi je crois plus dans le développement du biathlon pour palier au manque de neige. Il suffit d' enneiger une petite piste de 2 à 10 km, poser des carabines au sol et le tour est joué.

carredesejour le 07/02/21

 
quelques remarques perso , en vrac !
-je ne suis pas persuadé que le sujet alternatif vs skating soit très impactant vs le sujet l'enneigement : si on parvient à conserver des secteurs enneigés, abrités, étroits à priori favorables au classique ça ne dure jamais bien longtemps ...(je veux dire que ça m'étonnerait qu'on fasse durer significativement la saison par ce moyen)
- même avec les skis type skintec ... qui enlèvent la "contrainte" du fartage, il y a quand même l'aspect "plaisir de la glisse" qui est plus compliqué à trouver en classique (et donc vs clientèle un peu sportive mais pas "spécialiste" pas évident.
- les pays scandinaves ont des conditions de neige généralement plus favorables à cette technique (vs neiges froides, fartage simple et plaisir de ski équivalent au skating) . donc plus facile à promouvoir que chez nous
- coté image, pas simple car le biathlon qui a le vent en poupe vs le grand public est 100% skating, le classique ça se résume souvent coté circuits spécifiques créés à de la double poussée encore davantage réservée à une élite que le skating
- si la cible c'est la balade , pas évident de trouver les bons arguments vs la raquette ; et si on "spécialise" des pistes "special classique" ce ne sera pas évident de les maintenir vs justement les promeneurs raquette, voire les skateurs qui seront tentés d'aller s'y balader aussi...
mais justement c'est interessant d'interroger largement les skieurs sur ce type de sujet pour éviter "l'entre soi" entre décideurs du nordique !

vicarlou le 07/02/21

 
personnellement depuis que j'ai des skintec j'ai repris plaisir au classique, et le plaisir est nettement plus grand quand vous êtes tranquille sur une piste dédiée comme cela arrive parfois qui serpente dans les bois, que sur le bas côté d'un grand boulevard, à s'excusez de pas aller assez vite

michel le 07/02/21

 
Depuis un stage Ucpa au Mt Lozère en .... je n'ai jamais quitté mes skis de fond classiques avec fartage). A l'époque j'avais bien aimé l'ambiance de ce centre qui arrivait à générer quelques retombées économiques locales auprès des agriculteurs du coin en organisant des bivouacs dans les fermes. Le domaine skiable n'était pas un "stade de neige" et donc les coûts d'exploitation ne devaient pas être les mêmes que certains de nos sites actuels où nous skions qui ont des boulevards de 10m de large. La réflexion est intéressante car elle peut rejoindre ce qui a été fait pour les aménagements de Gr pour la randonnée pédestre et qui a permis de limiter en partie la déshérence de certaines régions comme le Queyras. Avec mon épouse le plus beau souvenir en ski de fond reste une Gtj faite de bout en bout et dans ce beau souvenir il y a l'accueil des gens de ce massif. Un seul regret: de ne pas avoir fait la Gtmc quand l'enneigement le permettait.

balladeur le 07/02/21

 
Bonsoir , mon point de vue pour relancer la pratique du ski de fond , c'est qu'il faudrait assurer une continuité de pratique sur l'année et aussi quand la neige manque l'hiver ... : créer des pistes pour la pratique du ski à roulette .Un peu cher au début mais l'entretien ne doit pas couter grand chose ?..

despacito le 07/02/21

 
Je rejoins vicarlou sur sa prudence quant - à la capacité de l'alternatif à nous prémunir de l'enneigement faiblissant. Quand y'en à plus on peut certainement limiter la casse mais ça ne dure jamais longtemps. Pour exemple, Le site de Burdignes dans le pilat est lui aussi 100 % alternatif. Mais il faut le chercher pour le trouver et c'est plus un petit village qui ajoute une corde à son arc en passant le scooter plutôt qu'un réel centre nordique. (merci de ne pas y voir là des propos condescendants ce n'est pas le cas.) Pour ma part le skating reste la discipline reine et tellement agréable. Certes j'en bave de plus en plus mais quand je vois les papys qui me laissent encore sur place je me dis que le skating peut se pratiquer très longtemps. Et puis....je me souviens bien de cohortes de skieurs à la queue leu leu embouchonnés dans les rails.. "pardon, pardon, pardon..." ben c'était chiant pour tout dire. Mais ne soyons pas sectaires et chacun doit pouvoir pratiquer selon ses goûts. De là à relancer le nordique par le classique il y a un pas que je ne franchirais pas. Le coût des dameuses est, quant- à lui, un vrai défi économique et écologique. Nous ne pourrons pas éternellement consommer de la montagne à coups de "40 litres / heure" (~ 1 l /km à la grosse) et cet argument peut effectivement être pris en considération - Rechercher des solutions pour un damage moins cher et moins énergivore est à mon sens plus urgent. Mais j'enfonce une porte ouverte et je suis certains que beaucoup aimeraient déjà avoir trouvé la martingale. Peut - être en faisant skier les > 100kg en premier contre un forfait demi - tarif ? (ben non j'déconne bien sur).
Sur ce bon ski à toutes et tous pendant que nous le pouvons encore

fanfantulipe le 08/02/21

 
Quelques observations, pas un avis tranché. Une parenthèse d'abord : je pense que le carburant de la dameuse représente finalement peu de chose par rapport à celui qu'utilisent nos voitures pour rejoindre le site (je parle de sites fréquentés, 100 ou... 500 voitures à 60 km de moyenne aller retour, faites les comptes) On voit encore beaucoup de skieurs solitaires dans leur bagnole alors que les ressources en communication permettent de covoiturer avec un peu de bonne volonté, voire de prendre un bus, mais je m'écarte du sujet. L'achat et l'entretien d'une grosse dameuse coutent très cher, et quand comme l'an passé souvent dans le Jura, elle reste au garage... c'est la cata. l'avantage de l'alternatif est qu'on peut se contenter de machines beaucoup plus modestes et ainsi rester très adaptable sans gros risque financier. Y a de la neige, on dame, et pas nécessairement tous les jours, les skieurs se chargent d'entretenir la trace.. Sinon la machine reste au garage et c'est pas très grave. C'est la solution retenue par de petites stations à structure associative, qui n'ouvrent pas tous les ans mais arrivent à survivre (A étudier de plus près, je suis juste skieur et pas gestionnaire). Pour info, l'autre jour magnifique sortie en classique au Salève (74), 10 cm de neige tombés la nuit, pas redamé, mais je suis arrivé derrière quelques autres courageux, trace à l'ancienne mais bonne accroche et glisse correcte, avec les skins, un régal. Les boulevards que j'apprécie aussi sont devenus peut être un peu larges et on peut prendre du plaisir autrement.

aveyronnais le 08/02/21

 
désolé je me suis aperçu que j'étais très redondant avec le débat sur écologie et ski. Quand même la voiture électrique vertueuse est une belle farce, surtout qaubnd c'est un Suv de 2 tonnes, sauf en ville pour éviter la pollution très localisée, dans ce cas le vélo est très largement supérieur . Pour le reste vise juste à relancer une filière économique en poussant à la surconsommation et à jeter des voitures réparables (pourquoi pas mais dans ce cas ne pas se cacher derrière des arguments fallacieux). La seule énergie propre est celle qu'on ne consomme pas, covoit, bus, moins de distance... Plus symbolique qu'autre chose, on commence à voir régulièrement des skieurs, rando et fond, qui transportent leur matos à vélo ! Beau challenge quand c'est aux Glières, au sommet d'un joli col de 1er catégorie.

aveyronnais le 09/02/21

 
"Sauver le ski", ça passe par une pratique de volume. L'alternatif, pour la masse, ça ne peut pas être une question de fartage, ni même d'écailles ou de peaux... pas tout de suite en tout cas...
Je discutais récemment avec une amie qui commençait le fond, et avait opté pour le classique et se demandait si elle n'avait pas choisi la ringardise. Je faisais la comparaison avec la natation. Le classique c'est comme la brasse, vs le skate pour le crawl. Tu peux faire la brasse de mamie, la tête hors de l'eau en discutant, mais si tu veux faire une brasse sportive, les nageurs s'entendent pour dire que c'est la technique la plus difficile. Par contre, en crawl, un nageur moyen pourra aller plus vite, mais c'est tout aussi difficile de devenir supersonique...
Tout ça pour dire qu'une année comme celle-ci, avec bcp de débutants, on voit autant de débutants en skate qu'en classique, le choix se faisant à mon avis sur un côté sportif, la volonté ou le courage d'aller vers une technique plus ou moins différente de la marche.... la glisse, peut être, après... mais ceux qui ne connaissent pas n'ont pas de référence.
Donc les critères qui font venir les gens au ski (ce qui sauve le ski), c'est 1. la neige, 2. l'offre d'activités alternatives (limitée en période covid),
ce qui fait revenir les gens au ski, c'est 1. des pistes initiations accessibles et plaisantes, 2. l'accueil en général, et la facilité à louer...
Pour la population de skateurs actuelle, (re)venir au classique, me semble très difficile psychologiquement. Se rééquiper, partager le nombre de sorties entre les 2 techniques, l'image ringarde... peu d'intérêt, même si de ce point de vue, les skins ont amené bcp de simplification, tout en étant assez performant.
Vive le classique!

gaby b le 09/02/21

 
perso, j'ai connu le passage classique-skating des années 80 (yc dans les courses populaires...)- j'avais abandonné le classique (au point de "jeter" mes vieux skis d'alternatif) - il y a 5 ans j'ai décidé de faire la vasa , donc ça m'a"obligé" à reinvestir à la fois en materiel et en technique/temps passé en classique - j'ai hésite sur le materiel et j'ai choisi des "vrais skis à farter" (alors que j'avais balancé ma mallette de fartage qui comprenait des incongruités comme de la "grüne" ...) en vue de la vasa ; pour l'entrainement j'avais (il y a 5ans, je ne sais pas si ca a encore du succès à date) choisi le grip tape (vs avoir une autre paire genre skintec) ; depuis je sors (rarement) mes skis de classique quand les conditions s'y pretent (poudreux froid) ,sinon quand même plus de plaisir en skate ... voilà...

vicarlou le 09/02/21

 
Chers amis vous devenez compliqués on dirait des vieux il en reste.... Faut pas tortiller du cul pour chier droit...Classique, skate ça fait 30 ans qu'on inverse avec bonheur...Pourquoi pas, à condition que le matériel suive. Je conseille actuellement des nouveaux pratiquants. Ils sont moins compliqués dans leur tête que les anciens, que nous en fait. Il y a les pro skate et de plus en plus les skin alternatif... Abondance de bien ne nuit pas. Je lis votre prose mais je me dis que votre temps n'est pas compté avec la Covid ça se voit. Poussez un peu plus sur les bâtons...et calmez vous.

marmotte 74 le 09/02/21

 
le sujet de départ était est ce que le ski classique sera la technique du futur quand la montagne française (et surtout le Jura) sera très peu ou trop brièvement enneigée.
Le sujet dérive vers comment pratiquer le ski de fond de manière plus écologique et comment attirer plus de monde au ski de fond.
Deux autres sujets riches d'enseignement mais déjà en grande partie répondus.
Sur le carburant dépensé j'avais fait un calcul grossier l'hiver dernier qui concluait qu'on dépensait en moyenne sur l'hiver quasiment autant en carburant pour aller sur les sites que pour damer la piste.
L'alternative voiture électrique est pas si mal car on récupère dans les descentes. Nous en avons fait l'expérience avec un copain en allant de Lausanne à La Darbella avec une Zoé. c'est impressionnant. Le mieux serait de remettre les bus (il y a 40 ans il y avait des bus pour monter à la Malmaison depuis Pontarlier) ou les trains en marche.
En Suisse on peut atteindre tous les sites en train ou bus sauf au Marchairuz.
Pour ce qui est de l'élargissement de la pratique à un plus grand nombre la réponse est simple: les gens veulent avoir des sensations rapidement et ne pas s'épuiser et surtout ne pas s'encombrer avec des tonnes de matos et de préparation. Donc exit le classique à farter. Le skate pour les plus sportifs et le cl à écailles ou peluches pour les plus tranquilles (permet aussi d'observer la nature). Si ça accroche alors ils passeront à une pratique plus approfondie en suivant des cours et en achetant du matos plus pointu mais ce sera toujours une minorité de pratiquants..
Le classique à farter en tout cas n'est pas la solution d'avenir sous nos latitudes où le thermomètre fait le yoyo autour de 0 degrés.

carredesejour le 09/02/21

 
A mon sens, ne pas confondre ski cruising et alternatif ( plus compliqué techniquement que le skate) ... Si c est juste pour permettre aux touristes de prendre un bon bol d air, il n y a pas besoin de rails... Ceux que je croise en tout cas marchent plus qu ils ne skient sur le plan lisse... Et une fois qu ils ont claqué 4km, c'est off... Perso j'ai tendance à délaisser les sites qui deviennent trop touristique. Dans certains secteurs, le ski est "culturel" : tout le monde a au moins une vieille paire qui traine et on te pose sur des skis à 2-3 ans, les anciens font leur petit tour aussi sur les rails... Et s il n'y a pas de neige, on fait autre chose...(VTT, course à pied)...
Le ski de fond c est technique. Les touristes ne veulent plus s'encombrer d un apprentissage rébarbatif, comme avec les anciens skis alpins où l apprentissage démarrait avec le chasse neige puis progressivement le virage parallèle... Les nouveaux skis alpins ont révolutionné cet apprentissage... Pas de telles révolutions technologique en fond: les peluches complètes existaient déjà. (Ma grand mère skie encore avec)... Certes le biathlon donne envie (tout paraît si simple) a la télé... Mais une fois que le débutant aura craché ses poumons en fond et que l alpin aura rouvert ceux qui veulent de la glisse retourneront en alpin je pense... C est une histoire de définition aussi : le nordique est il un sport de glisse, une activité outdoor, de la muscu(quand ça ne glisse pas), de l endurance ....

flex le 10/02/21

 
Merci pour vos retours, très intéressants.
Effectivement le biathlon va continuer à attirer, et n'a pas besoin de beaucoup de neige (voire de la neige de stockage). (Après, on peut discuter si c'est vraiment du ski de fond -:)
Et vous avez raison, une file de skieurs dans la trace, c'est pénible -:)
De toute façon, ce sont les stations qui feront ce qu'elles pourront pour s'adapter, chacune avec des contraines et des capacités différentes.
Bon ski en tout cas, profitons de cet enneigement incroyable !

gillou38 le 11/02/21